Un peu d histoire

A Naucelles au hameau de Cologne existait jadis un château fortifié, dont il ne reste plus actuellement que la tour massive. L’édifice appartenait à la famille de Brun au XIVe siècle. Ensuite il passa successivement dans les
familles de Mazerolles, de Saint Martial, de Sartiges, puis de Montsalvy.
Acheté en 1548 par François de Scorailles pour sa fille Françoise qui par mariage l’apporte à François de Robert de Lignerac. Celui ci donne la propriété à sa
fille Jeanne qui épouse vers 1620 Annet de Plas de Curemonte. Le château est acheté par le collège des Jésuites d’Aurillac qui le conservera jusqu’à la Révolution…

Extrait du guide du voyageur dans le département du cantal par HENRI DURIF.

Castle History French

A Cologne existait jadis un château fortifié, dont il ne reste plus actuellement que la tour massive. En l’année 1572, un épisode horrible s’y passa. Lors de la saint Barthélemy, les officiers du roi firent emprisonner quatre-vingts protestants à Aurillac. Soixante-huit furent massacrés dans la nuit; douze restaient. Ils furent transférés au fort de Cologne accompagnés d’un cordelier et de deux prêtres, espérant qu’ils abjureraient. Ils y restèrent enfermés cinq jours. Mais le 11 septembre au matin, les douze condamnés reçurent l’ordre de monter sur une terrasse qui se trouvait dans la partie la plus élevée des fortifications, et là ils apprirent qu’on allait les exécuter à coups d’arquebuse. Les huguenots, sans manifester aucun effroi, ayant demandé quelques instants pour recommander leur âme à dieu, ce délai leur fut accordé. Il paraît qu’alors, tous se mirent à genoux et chantèrent des cantiques. Cela dura un quart d’heure. Puis s’étant tus, ils attendirent. Le chef militaire profita de ce moment pour faire à ses routiers le signal convenu. A la première décharge, neuf des suppliciés restèrent morts. Presque aussitôt, les trois autres, qui n’étaient que blessés, se relevèrent, et fous de terreur, ils enjambèrent le parapet du mur, et se jetèrent en bas. Les deux premiers, étant tombés d’une grande hauteur sur un sol pierreux, ne bougèrent plus.Le dernier trouva sous lui une flaque de boue détrempée qui amortit sa chute, et il put sortir du fossé. L’instant d’après, on le vit courir du côté de la rivière.Si le fuyard avait eu la pensée de se retourner vers le château, ce coup-d’oeil l’eût sauvé sans doute,car s’apercevant que personne ne le poursuivait, il aurait probablement choisi une direction meilleure.Mais dans son trouble, le calviniste voulut franchir l’eau, et ses forces l’ayant abandonné, il se noya.